Tu seras un homme, ma fille (et vice-versa)

25 Mar

« Mais comment vous allez faire pour préparer la chambre ? » – voilà ce que j’entends parfois quand j’annonce que je préfère attendre ta venue pour savoir si tu es une fille ou un garçon. Apparemment, ce que tu auras (ou pas) entre les jambes devrait conditionner la couleur des murs de ta chambre, celle de tes bodies et celle de ta poussette. Pas de chance : face à de telles remarques, je ris jaune, je vois rouge et je suis verte de rage. Bien assez de couleurs pour t’accueillir comme il se doit, donc.

Peut-être que tu aimeras le tuning ?!

Peut-être que tu aimeras le tuning ?!

Bien plus qu’une simple question de couleur (qu’importe la teinte pourvu qu’elle soit pailletée), je crains surtout de te transmettre tout ce qui DEVRAIT faire de toi une belle fille comme Maman ou un garçon fort comme Papa (les stylistes de mode pour bébé sont tous fans de Frigide Barjot, visiblement). Comme toutes les futures mères du monde, je suppute, j’imagine déjà ton avenir dans le meilleur des mondes, et je suis évidemment persuadée, en toute objectivité, que tu seras (le/la plus) beau/belle, intelligent(e), malin(e) et gentil(le). Mais quand je descends de mon nuage de niaiserie, je me dis que la tâche ne va pas être simple pour toi de te créer la vie que tu veux.

Même en France, même au XXIe siècle, les clichés ont la vie dure. Bien sûr, tu devras sûrement faire face à des commentaires sexistes si tu décides de faire du foot alors que tu t’appelles Léïa ou du tricot si tu t’appelles Luke (ton père se prend pour le réalisateur de Star Wars mais j’essaie de le ramener à la raison). Le problème, c’est que ça ne va pas s’arrêter là. Ton métier, ton style de vie et même ta propre silhouette : un moule pour chaque chose et chaque chose dans son moule. On te fera croire que le bonheur, c’est une maison, un mariage et un chien, même si tout ça implique de devoir te lever chaque jour pour obéir aux ordres d’un chefaillon fainéant, avant de rejoindre la salle de sport pour sculpter un corps que tu nourris au poulet bio.

Ca fait un sacré budget poulet

Ca fait un sacré budget poulet

J’espère de mon côté avoir assez de tact et de talent pour réussir à t’apprendre que toi seul(e) sais ce qui peut te rendre heureux(se). Ni les magazines, ni ton grand amour, ni tes bulletins, ni même moi ne pouvons décider pour toi, et je te souhaite suffisamment de courage pour oser vivre la vie que tu veux, qu’elle rentre parfaitement dans les clous ou qu’elle dépasse de tous les côtés. « L’homme est condamné à être libre », disait ce cher Sartre (ta mère est une groupie), et je suis persuadée qu’on est responsable de tout ce qu’on fait. Alors, à toi de prendre les rênes de ton existence, et ne tarde pas trop : les cimetières sont remplis de gens qui pensaient avoir la vie devant eux. Mais tous n’avaient pas la chance d’avoir une mère déprimante et moralisatrice… profites-en !

Maman n'aime pas la vulgarité, voyons !

Maman n’aime pas la vulgarité, voyons !

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