Oh Mamie, Mamie glousse

21 Mai

(ça s’arrange pas, les titres)

Je crois l’avoir déjà dit ici, mais je voue une passion dévorante pour tout ce qui est né avant 1940. Ou plutôt, pour tous ceux qui sont nés avant 1940. C’est bien simple : mon voisin préféré, c’est Jean-Pierre, 76 balais dans le placard et plus d’énergie à revendre que tout le quartier réuni. Au cours de pâtisserie auquel j’ai assisté le mois dernier, j’étais comme un poisson dans l’eau, entourée de Joséphine, Marielle et Françoise, 185 ans à elles trois. Alors, évidemment, point de mystère : sur mes 6 meilleures amies au monde (LOVE les BFF – coeur-coeur-coeur), 3 font partie de ma famille, et 2 ont connu la 2e guerre mondiale. Je vous laisse deviner qui c’est.

C’est sympa, les terrasses entre amies.

 

Comme j’ai la chance d’avoir encore mes 2 grands-mères, j’en profite. L’une d’elles habite à 500 mètres de chez moi depuis que j’ai déménagé au bout du monde (avant, je voyais sa chambre depuis la fenêtre de mon salon). Alors, forcément, je vais la voir dès que j’ai une minute, et si j’ai le malheur d’avoir un planning un peu chargé pendant une semaine (délai maximal), elle feint de ne plus savoir comment je m’appelle tellement ça fait longtemps qu’on ne s’est pas vues. C’est qu’elle est blagueuse (et gâtée), Abuelita. A l’entendre, elle vit loin du monde, condamnée à regarder le cocinero délivré ses recettes secrètes sur TV Andalucia. Sauf qu’elle est mariée (mon grand-père va bien, merci), que ses voisins lui tiennent la jambe dans les escaliers (au sens figuré – sinon, c’est dangereux) et que, le samedi, il faut arriver tôt si on veut avoir une place assise autour de la table de la cuisine. Abuelita, tout le monde l’adore (enfin, c’est ce qu’elle dit), et personne ne cuisine mieux qu’elle (enfin, c’est ce que tous ceux qui ont goûté son cocido disent). Bien sûr, je ne déroge pas à la règle, et je glousse de bon coeur quand elle enlève son dentier et qu’elle sourit, à moitié édentée. La plupart du temps, on se fend la poire, chez Abuelita.

Mais pas tout le temps. Parfois, elle monte sur ses grands chevaux, se plaint du coeur, de la jambe ou du cuir chevelu, et malheur à qui ne prendra pas sa souffrance au sérieux. Pourtant, on ne peut pas dire qu’elle aime les chochottes.  Récemment, alors qu’elle m’annonçait, l’air de rien, que ça allait sûrement être son dernier été (comme tous les ans depuis 1995), j’ai affiché une mine déconfite en pensant au morne quotidien qui nous attendrait tous quand elle partira. Et là, soudainement requinquée, Abuelita a coupé net mes bons sentiments, en m’assénant un assassin « on peut vraiment rien te dire, à toi », avant de me demander si je voulais du jus de raisin. Abuelita est la reine de l’ascenseur émotionnel.

Mon autre grand-mère, elle, vit un peu plus loin. Je n’ai donc pas l’occasion de la voir aussi souvent que j’aimerais, mais le moins qu’on puisse dire, c’est qu’elle n’a rien perdu de sa verve. A ma dernière visite, on ne peut pourtant pas dire que j’étais d’une humeur très joviale : après une dispute avec le Mâââle (et les pleurs qui vont avec), je suis arrivée chez Mamie les yeux rougeoyants et le maquillage mal débarbouillé, essayant quand même de faire bonne figure (avec ma sale tête. AHAHA, jeu de mots). Après avoir enfilé 2 bonnes parts de tarte chacune, le moral était presque au beau fixe, jusqu’au moment où je sens un regard insistant de Mamie. Et là, sans crier gare, elle s’écrie, mi-surprise, mi-enthousiaste » : « Eeeeeh ! Mais TOI AUSSI, t’as des fausses dents ?? » Devant l’air ahuri qui a précédé mon fou rire, elle a tout de même tenté de se rattraper aux branches : »Je te demande ça parce que tes dents de devant sont vraiment très blanches par rapport aux autres ». Mamie a le sens du compliment.

Alors, bien sûr, avec mes grands-mères, pour la finesse, on repassera. Par contre, quand je porterai vraiment des fausses dents et que ce sera moi, la plus vieille de l’immeuble, j’espère avoir leur vivacité d’esprit et leur humour ravageur. Il va m’en falloir une bonne dose pour rire sans elles.

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2 Réponses to “Oh Mamie, Mamie glousse”

  1. Ragnagna 21 mai 2015 à 21:57 #

    C’est très touchant ta relation avec tes grands-mères. Ici elles sont mortes, avant ma naissance pour l’une et à mes 19 ans pour l’autre, j’ai pas eu le temps de les connaitre en tant que jeune adulte.

    • lemiroirdenarcisse 22 mai 2015 à 10:17 #

      ❤ Je suis sûre qu'elles auraient été comblées d'avoir une (grande) petite-fille comme toi !

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