Texte à charge(s)

12 Mai

Certains ici le savent, d’autres ignorent cette information capitale : pour gagner ma croûte (et la casser, donc), j’écris. Des descriptifs produits, des interviews, des articles parfois sans fond, mais toujours avec les formes : j’écris un peu de tout et parfois n’importe quoi, tant que ça fait plaisir à Maître Google sur ses dollars perchés.

Ca fait maintenant plusieurs années que je suis donc ma propre patronne, mais aussi ma propre collègue, ma propre commerciale et ma propre comptable. Alors, évidemment, tout ça présente bien des avantages (autres que travailler en pyjama), et vu de l’extérieur (et de l’intérieur aussi, d’ailleurs), le quotidien est plutôt cool.

MAIS.

Parfois, la moutarde me monte au nez. Bien sûr, comme tout le monde, certaines situations me donnent envie de retourner au lit sans préavis (c’est à ce moment-là que travailler en pyjama est un réel atout) : un client qui tergiverse, un sujet d’article tout droit sorti de derrière les fagots, un ordinateur qui met 3h à faire 2 mises à jour. Alors, comme tout le monde, je prends mon mal en patience, je compte les minutes qui me séparent de la fin de la journée et j’attends, parfois très longtemps : j’ai la chance d’avoir suffisamment développé mon activité pour que certaines journées soient aussi longues et ennuyeuses qu’une réunion de brainstorming du lundi matin.

MAIS.

Parfois, ce n’est pas la moutarde qui me monte au nez, mais une irrépressible envie de tout envoyer valser pour retourner à une vie de salariée bien angoissante, certes, mais sans rapport à l’administration/paiement de la cotisation foncière/déclaration des revenus avec-ou-sans-CSG-déductible-j’en-sais-rien-j’y-comprends-rien. Parce que, quand on a le plaisir de travailler en pyjama, on va de découverte en découverte, administrativement parlant. Parce que, quand on se permet le luxe de ne pas avoir d’horaires, on paie presque 25% de charges sur chaque facture, tout en étant imposable sur le chiffre d’affaires global et sans bénéficier d’une quelconque assurance chômage. Parce que, même en étant affiliée à un organisme depuis plusieurs années, on peut en être radiée sans préavis, juste pour une subtile histoire de définition d’activité et après avoir passé plusieurs mois à demander l’examen de son dossier.

Alors, bien sûr, à chaque situation, son revers de la médaille. Pas de congés payés, pas de sécurité de l’emploi, pas de considération par les banques : on s’attend à tout ça quand on quitte le modèle salarié. Pas question de jouer les Cosette : payer des charges, c’est bien normal pour participer un peu au fonctionnement de notre système. Devoir proposer des tarifs exorbitants à ses clients pour payer des frais divers et variés qui ne servent en fait qu’à alimenter des organismes lents et injoignables, en revanche, je ne vois pas l’intérêt.

Heureusement, je n’ai pas trop le temps d’y penser : c’est l’heure de la sieste. Décidément, j’ai bien fait de ne pas m’habiller ce matin.

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Une Réponse to “Texte à charge(s)”

  1. Ladite Pivoine 12 mai 2015 à 14:54 #

    NARCISSE PRÉSIDENTE!!!!!

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