Corporate psychose

22 Mar

Ma nature rebello-angoisso-schizophréno-feignasso-anticapitaliste m’a poussée à me tourner vers une carrière de freelance. Ne pas avoir d’horaires, être responsable de ses revenus, ne pas devoir rendre de compte à un petit chefaillon en mal d’autorité me convient beaucoup mieux que la vie d’entreprise, dans laquelle on doit la plupart du temps faire des courbettes à des gens qu’on rêverait d’empailler.

C'est rudement pratique

Sur un coup de folie, la semaine dernière, j’ai pourtant accepté un poste à mi-temps de standardiste trilingue payé au SMIC (l’aubaine). J’avoue : la perspective de sortir un peu le nez de mon ordi et de discuter avec d’autres gens que mes contacts Skype m’a ravie. Qu’on se rassure : j’ai vite déchanté.

En quelques mois d’activité freelance, j’avais déjà oublié la ponctualité stricte : en entreprise, 13h30, ce n’est pas 13h32. Ouuups. J’avais aussi complètement zappé le code vestimentaire propre à l’entreprise, celui qui te fait ressembler à une mormone en deuil.

Friday wear

La ponctualité et le style austère, passent encore. Ce qui me reste un peu en travers de la gorge, en revanche, c’est la manière dont les « VIP » s’adressent au petit peuple (et quand j’écris petit peuple, ce n’est absolument pas méprisant : durant ma mini carrière de salariée obéissante, j’ai passé plus de temps à subir les instructions qu’à les donner). Le terme VIP est d’ailleurs lui aussi un peu exagéré, puisqu’il suffit visiblement d’avoir une adresse mail à son nom et quelques rendez-vous téléphoniques dans l’année pour péter plus haut que son cul (chose difficile quand on est moulé dans un costard) (ceci explique peut-être cela).

Je ne vais pas refaire la liste de toutes les situations qui donnent envie de sauter à la gorge de son interlocuteur : la cheftaine qui te regarde d’un air désolé quand tu lui annonces que tu ne sais pas où sont les ciseaux, le comptable qui te coupe la parole, tous ces gens qui « n’ont vraiment pas le temps »… Ces petites scènes quotidiennes réalisées le plus souvent inconsciemment servent fort bien de faire-valoir à toutes ces personnes terriblement occupées à montrer qu’elles s’agitent dans tous les sens pour un résultat parfaitement abstrait.

Je constate qu’on est bien peu de choses : ce n’est pas mon amie la rose qui me l’a dit ce matin, c’est simplement la conclusion qu’un simple changement de métier (et peut-être de salaire, mais pas toujours) induit un changement de comportement flagrant. La « communication manager » qui m’a expliqué ce que signifie de mot « corporate » ne se doutera jamais que, six mois auparavant, elle aurait pu très allègrement me lécher une partie du corps sujette aux hémorroïdes pour obtenir une once de conseil supplémentaire en webmarketing.

Heureusement, certains working people échappent à la règle. Ceux-là vous donneraient presque envie de rester. Et puis, pendant cette réflexion, un rustre vous interpelle presque en sifflant pour vous indiquer d’un unique geste incompréhensible qu’il veut que vous ouvriez la porte (ou que vous lui commandiez un taxi) (ou que vous fassiez une danse du ventre sur votre bureau) (un geste incompréhensible, on a dit).

Juste assez pour endosser également le rôle de la petite-bourgeoise, et rompre la période d’essai.
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Sources:
http://lunedemiel.hautetfort.com/
puretrend.com
http://2.bp.blogspot.com
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6 Réponses to “Corporate psychose”

  1. Ragnagna 22 mars 2012 à 19:05 #

    Chez nous on appelle ça le syndrome du petit chef. Avec ses subordonnées hiérarchiques un tyran, avec ses supérieurs un lèche-boule ! Et ce sont juste des gens imbuvables…

    • lemiroirdenarcisse 22 mars 2012 à 20:54 #

      C’est tout à fait ça! De vrais flippettes qui ont peur pour leur tronche mais qui se défoulent sur leurs subordonnés!

  2. Annabelle 22 mars 2012 à 16:52 #

    Ahh oui, vive le patronnat et le corporate!
    Au moins ça te confirme dans ta (bonne) voie^^

    • lemiroirdenarcisse 22 mars 2012 à 16:58 #

      Oh oui, c’est sûr: je n’ai plus aucun doute! 😉 tu reprendras bien une petite brochure corporate, pour la peine? 😀

  3. Clochette 22 mars 2012 à 14:54 #

    mouahhh aha ha ah ah !!! Je sur kiffe l’uniforme de la mormone en deuil (notes bien toute de même Narcisse que j’adorerai ressembler à la « mormone » que tu as mis en photo!).
    Comme je te comprends, je vis souvent ce genre de situation et ça m’énerve comme dirait l’autre (sans compter que ça froisse aussi un p’tit peu mon ego..)
    Bref comme je disais quand j’avais 13ans: la bave du crapeau n’atteins pas la blanche colombe!
    Courage !!
    bisouilles

    • lemiroirdenarcisse 22 mars 2012 à 16:54 #

      oh ben oui, c’est clair, c’est une sacrée question d’ego, tout ça… mais enfin, bon, quand même, c’est trop demander, de ne pas prendre les gens pour des chiens (ou alors de mal parler à tout le monde >> un peu de cohérence, que diable^^)?? T’as raison, faisons les colombes (à défaut d’être des pigeons…ohohoho)!! 😀 Bizoo

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