Personal branding

21 Sep

Pour des raisons que j’expliquerai peut-être un jour, j’ai subitement décidé il y a un mois de quitter le pays de la rosette (miam) et des quenelles (beurk) pour faire un come back tonitruant en Alsace. J’ai donc aussi renoncé à mon poste de working girl aguerrie – hum hum. En l’absence de manifestation d’un généreux donateur, je suis donc dans l’obligation de me trouver un nouveau travail (oui, je sais, ce n’est ni logique ni pondéré de quitter un travail sans en avoir un autre, mais bon, si j’étais logique et pondérée je n’écrirais pas cet article alors que je chercher encore du travail – patience, tu vas comprendre pourquoi).

Je profite donc de mon interminable période de préavis pour passer des entretiens. Autrement dit, je passe tous mes week-ends dans le train pour aller déballer des inepties à des recruteurs sûrement pas dupes.

Eh oui, pour moi, comme pour tout le monde j’imagine, passer un entretien est loin d’être une partie de plaisir. Ou plutôt, si, justement. Mes entretiens ont plus souvent l’allure d’un sketch que d’une rencontre entre professionnels de la communication, de la caisse enregistreuse ou du sandwich. Du coup, forcément, je me fends la poire et on me trouve très sympa. Mais on ne me rappelle jamais. AHAHA.

Lorsque j’étais étudiante déjà, et que je cherchais à occuper mes semaines ultra busy de la fac en travaillant dans une chaîne de sandwichs, j’ai un jour été contrainte de jouer une mini scène d’impro face au recruteur. Autant dire qu’au moment où je me suis vue déclamer mon texte avec vigueur au beau milieu du salon de thé,  j’ai regretté avoir voulu me la jouer artiste maudite sur mon CV avec mes années de théâtre.

Aujourd’hui, les postes que je vise sont un peu plus sérieux. Tellement sérieux que je ris de l’absurdité de la situation. Question physique, d’abord. Avant un entretien, je m’habille comme si je lorgnais le poste de directrice de FMI. Engoncée dans mon pantalon de tailleur trop petit, je tente tant bien que mal de me donner un air cool et professionnel. Comme je ne sais pas quelle couleur choisir, j’opte toujours pour l’association gris-noir. Chic et austère, tout moi.

Question attitude, ce n’est pas beaucoup plus glorieux. Trop détendue pour une multinationale, trop coincée pour une boîte de djeun’s, j’ai toujours la blague qui fait mouche, mais pas la bonne personne en face de moi. Un peu comme quand j’ai passé la moitié de l’entretien à déblatérer sur mon amour pour l’Alsace à quelqu’un qui envisageait de délocaliser son entreprise, ou quand j’ai déclaré fièrement « Alors, moi, internet, je ne m’y connais pas vraiment » lors d’un entretien pour un poste de rédacteur web. Ces private jokes ne font rire que moi et je passe donc pour une guignolette hystérique.

Dernière anecdote en date : alors que j’avais rendez-vous dans un grand groupe industriel, j’ai cru bon de sauter tel un gracieux cabri par-dessus la barrière pour accéder au site. Mauvaise idée : Cerbère m’attendait de l’autre côté pour me sermonner, et j’ai donc esquissé une tentative de rébellion en expliquant à Cerbère que je n’aurais jamais pu la voir derrière sa vitre sans tain. Mais l’image d’une caille-ra en tailleur étant peu flatteuse, je me suis ravisée pour traverser le site comme un petit mouton, plan et badge à la main. J’ai ri intérieurement lors de l’annonce de l’intitulé de poste à rallonge de mes interlocuteurs ; j’ai bégayé comme une bleue (et comme une mythomane qui cherche à se rappeler de son CV fake) pendant ma présentation ;  j’ai ensuite passé tout l’entretien les bras ballants, en regrettant de n’avoir pas pensé à amener un stylo pour me donner une consistance ; je me suis coincé les cheveux dans ma bague trop sophistiquée ; pour finir, j’ai gloussé après l’annonce de mes prétentions salariales. Un peu plus et je sortais mon nez rouge de mon sac.

A ce rythme-là, j’ai meilleur espoir de trouver un généreux donateur qu’un travail.

PS : Mesdames et messieurs les recruteurs, si vous tombez sur ces lignes : tout ceci est faux, en fait, je ne suis même pas drôle.

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9 Réponses to “Personal branding”

  1. Nymph' (@Futilitude) 23 octobre 2011 à 18:20 #

    Ah le fameux « Moi et mon double » des entretiens de recrutement! 🙂

  2. Raphaël 23 septembre 2011 à 00:45 #

    En même temps c’est peut-être pas la meilleure idée de ta vie de revenir en Alsace où y’a de la concurrence sur le marché des rédacteurs web… :/

    • lemiroirdenarcisse 23 septembre 2011 à 09:40 #

      Si j’avais voulu avoir une super idée de carrière je serais restée dans mon taf actuel! 🙂 Et puis de tte facon, de la concurrence en rédaction, yen a partout à mon avis, alors tant qu’à faire autant lutter avec des bretzels dans le bidou…

  3. Joufflette 21 septembre 2011 à 21:47 #

    Tu sais que je bosse dans les RH, et que je recrute ?
    Une candidate qui me fait rire moi j’aime bien !
    Bon courage dans ta recherche !

    • Lyli Minette 21 septembre 2011 à 22:20 #

      Moi aussi je peux pas m’empêcher de faire des blagues qui font rire que moi et de prendre un air hyper détendue alors que je transpire comme un boeuf sous mes vêtements forcément colorée parce que j’ai pas de fringues strictes qui font employé sérieux.
      Et pire que toi, j’ai l’air trop jeune, ça arrange pas les choses, personne a envie d’engager une ado énervée.

    • lemiroirdenarcisse 22 septembre 2011 à 22:54 #

      Ah non, je savais pas! Tu t’es entretenue avec une super nunuche dernièrement? C’est peut-etre toi qui m’as fait passer l’entretien alors! 😀

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