3615 BADAUD

27 Mar

Badaud, premier flic de france, etre badaud

Cette nuit, pour la troisième fois en moins de 3 ans, j’ai été confrontée à un incendie, là, juste au pied de mon immeuble. Habituellement, je n’aime pas trop ça, le feu, surtout depuis qu’il y a eu un incendie dans ma résidence et que, dans mon apathie légendaire, j’ai failli finir en saucisse cramoisie parce que j’ai perdu 5 minutes à chercher ma basket préférée sous le lit, 5 minutes à me demander si je devais fermer la porte à clé et 5 autres minutes à attendre l’ascenseur avant de descendre par l’escalier, un peu de sport ça fait pas de mal. Mais quand je suis bien au chaud dans mon appart’ et que j’aperçois une flamme au loin (= assez loin pour ne pas me carboniser), je ne peux pas lutter : je suis un vrai badaud.

C’est très bizarre, parce que dans la vraie vie, si je marche dans la rue, je ne précipite pas pour être aux premières loges de l’action (sauf si les caméras de la télé régionale sont là, je m’arrange alors pour passer négligemment dans le champ une dizaine de fois, à la recherche d’un infinitésimal moment de gloire). Au contraire, je suis même plutôt du genre lâche : « Ah bon, Machin est passé avec le nez en sang, juste à côté de moi ? Pas vu. »

Mais là, je ne sais pas, ça doit être le mélange des flammes et de la distance, je ne peux pas m’empêcher de regarder. En fait, je fais pire que ça. Face à un incendie, c’est bien simple : si Sarkozy n’était pas déjà le premier flic de France, il aurait une sérieuse concurrence. Car c’est un fait : dans ma tête, incendie (ou fumée, ou barbecue, ou lampions) = appel aux pompiers.

Un beau geste de citoyenneté, me direz-vous (je vous ôte le mot de la bouche, hein ?). Sauf que, pour une fois que mon instinct altruiste se réveille, il est aussi ridicule qu’inefficace. L’été dernier, par exemple, alors que j’épiais les voisins par la fenêtre de la cuisine (badaud attitude, je vous dis), j’aperçois une fumée qui devient de plus en plus conséquente. Ni une, ni deux, j’appelle les hommes au camion rouge, qui accourent vitesse grand V. Moi, dans mon élan de bonté, je fais des grands gestes pour leur indiquer la maison que je m’imagine sous les flammes. Je suis la scène, bien planquée derrière mon double vitrage. Et là, déception : le voisin était en fait en train de brûler de vieux papiers, tout était sous contrôle. Sauf que faire un feu de joie dans un jardin, avec des arbres à proximité, les pompiers, ils n’aiment pas trop ça. Le voisin s’est fait remonter les bretelles, et je me suis fait un nouvel ennemi en moins de 10 minutes.

Cette nuit, ce sont les pompiers qui m’ont renvoyée dans mes pénates. Alors que j’étais ENCORE à ma fenêtre, je vois un feu se déclarer, juste à côté d’une voiture. Là encore, je m’empare de mon téléphone, après avoir délicatement prévenu le Mâle qui ronflait paisiblement (« EHO !!! YA LE FEU!!!! »… vous devriez essayer, à 4h du matin, ça fait son petit effet). J’appelle les pompiers, qui, à force, doivent avoir enregistré mon numéro dans la catégorie « grosse relou ». Et là, ô surprise, le pompier me répond que si c’est pour l’incendie de voitures, merci, ils sont déjà au courant. Puis il enchaîne en me suggérant d’ouvrir mes oreilles pour entendre les sirènes des pompiers qui arrivent, et que « eh ben ils vont l’éteindre, le feu ».

Ca va, si c'est toi, je t'en veux pas

J’ai été tellement choquée par le ton de sa réponse – comment ça, ils ont autre chose à faire que de ménager mon égo surdimensionné ? – que j’ai ouvert grand ma fenêtre pour prendre un bon bol d’air intoxiqué à la fumée, en espérant tomber dans les pommes et finir à l’hôpital. En vain, j’ai juste toussé pendant 30 minutes. Sale temps pour les badauds.
Rendez-vous sur Hellocoton !

Publicités

6 Réponses to “3615 BADAUD”

  1. marmottine 29 mars 2011 à 11:07 #

    Ca me rappelle un soir de Saint-Jean, je vois une fumée noire au dessus de maisons proches de la mienne. J’appelle les pompiers qui me font comprendre que nous sommes le soir de la Saint-Jean, qu’ils reçoivent des coups de fil toutes les 30 secondes et que si ce n’est qu’un peu de fumée, il n’y a pas péril en la demeure…ce à quoi je rétorque, pince sans rire : « Donc en fait, je dois vous rappeler quand je vois des flammes, c’est ça ? ». « Mais non madame, il ne faut pas le prendre comme ça…ce n’est pas ce que j’ai voulu dire… », « un peu si, donc je vous rappelle quand au juste ? ».

  2. faithfullyyours 27 mars 2011 à 19:40 #

    Bah la prochaine fois j’aurai tellement peur de me faire envoyer chier que je laisserai cramer mon prochain tiens!

    • lemiroirdenarcisse 27 mars 2011 à 19:51 #

      T’as raison, les grillades, ya que ca de vrai (au diable les culs bénis)! 😉

  3. Morue 27 mars 2011 à 17:58 #

    Huhu! Moi, l’année dernière, j’ai vécu un vrai incendie en direct live ce qui nous a valu ma famille et moi d’être pendant plus d’un an sans logement ( vive le retour chez les parents… ). Ben j’ai même pas eu le temps de voir un beau pompier parce qu’un voisin s’est gentiment proposé pour nous héberger le temps que mes parents viennent nous chercher… Putain, fait chier, avec du recul, j’aurais simulé un malaise, ça m’aurait valu un bouche à bouche avec mister muscles, franchement, je crains, j’ai pas assuré!

Un avis sur la question ?

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :