Narcisse, polyglotte et mythomane

28 Jan

Narcisse polyglotte, Narcisse mythomane, exagérer son CV

Presque toujours, il y a un écart flagrant entre la théorie et la pratique. Par exemple, en théorie, j’aime bien avoir un boulot. En pratique, j’ai envie de balancer le réveil par la fenêtre chaque matin ; en théorie, je suis au régime… en pratique, miam c’est bon les éclairs à la vanille  ; en théorie, je suis pas jalouse… en pratique, tu touches mon bien-aimé, je t’en colle une (non, là, j’exagère… en théorie). Bref, je pourrais trouver plein d’autres exemples, mais je pense sérieusement qu’au bout d’un certain temps, il n’y aurait plus personne pour les lire. Je mets donc le holà à cette substantifique moelle – LOL-PTDR-MDR.

Là où je voulais en venir, c’est qu’avec les langues étrangères, c’est un peu pareil. En théorie (sur mon CV, donc), je maîtrise bien les langues. Anglais, espagnol, allemand : tout ça, c’est finger in the nose, Danke schön und hasta la vista. Pour faire la maligne sur un blog et ponctuer toutes mes phrases d’adjectifs hype, genre « so friendly » ou « so mysterious« , j’ai largement le niveau. Mais en pratique, c’est un peu plus laborieux.

Le meilleur moyen de vérifier si les années passées à se coltiner des films en VO ont porté leurs fruits, c’est bien sûr de se rendre dans le pays et de se confronter aux autochtones.

Première escale : l’Espagne. Ca, ça devrait être facile. Vu que ma grand-mère s’appelle Abuelita et que j’ai été élevée à la paella, je pars confiante. Et ça se passe bien, malgré un vocabulaire limité et une grammaire approximative – on dit que les voyages forment la jeunesse : j’ai appris qu’on peut très bien se débrouiller en parlant uniquement au présent et au passé composé. En plus, les fautes et l’accent français, ça fait exotique et tout le monde me fait des sourires. Un peu trop d’ailleurs, la proprio de ma soeur Pivoine nous aime tellement qu’elle ne nous lâche plus (quizz lecteurs : comment on dit « relou », en espingouin ?). Mais niveau linguistique, ça roule. Un peu moins pour la madre, qui met 10 minutes à commander sa merluza – « una me… una meme…una melu…una merluza ». je me moque, mais j’aurais pas fait mieux, si j’avais dû affronter le même serveur au regard de merluza frit.

Merluza en action

Deuxième escale : l’Allemagne. Ou comment un voyage où j’aurais dû briller de mille feux m’a foutu la honte de ma vie. Flashback : arrivée à Berlin, le bien-aimé et moi sommes un peu perdus. « Aucun problème ! Avec mon 18 au bac d’allemand, tu penses bien que je vais aller taper la discut’ avec le contrôleur et qu’il va nous arranger ça rapido », me vanté-je une dernière fois devant ledit bien-aimé encore persuadé que la langue de Goethe n’avait plus aucun secret pour moi depuis qu’il m’avait vue commander un Coca à Bâle (j’avoue, je n’avais jamais cherché à casser le mythe). Je me poste donc avec assurance devant le contrôleur et je lui pose ma question en allemand. Résultat de cette conversation : effectivement, je sais parler allemand. Mais comprendre la réponse, c’est une autre histoire : on a tourné en rond pendant encore 1h, et le Mâle en rit encore (depuis, je laisse traîner nonchalamment sur le canapé la réédition d’un livre de Zweig en allemand)…

Dernière escale : l’Angleterre. Pour me rendre compte à quel point je suis polyglotte en théorie et mythomane en pratique, même pas besoin de traverser la Manche. Il me suffit de passer un exposé en anglais, et d’avoir un client bilingue au téléphone. Dans le cas de l’exposé, je me suis entêtée pendant 25 minutes à dire que Charlie Winston est très « nice and sympathetic » – pour moi, « gentil et sympathique »… en anglais réel, « gentil et compatissant »). Pour ce qui est du client, pas plus tard qu’hier, nous réfléchissons à une liste de mots en anglais (dit comme ça, il a l’air bizarre mon travail, non ?), et le bougre me parle de speakers. Je prends note, mais un doute m’assaille (que je ne manque pas de faire partager au client, d’un air pénétré) : speakers, ça s’écrit avec « ck » ou « k » ? Réponse de l’intéressé – très sympathetic, au demeurant : « avec un « k », ça vient de to speak. Aaaaah oui. En effet. To speak, un des premiers verbes qu’on apprend en anglais.Et dire que j’arrive à comprendre un épisode de Big Bang Theory sans les sous-titres, et je ne suis même pas foutue d’écrire correctement un verbe de 5 lettres.

So uncool.

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2 Réponses to “Narcisse, polyglotte et mythomane”

  1. oeilpouroeilflanpourflan 29 janvier 2011 à 12:05 #

    So mysterious tout ça !
    Moi aussi je pensais être bon en anglais. Jusqu’à Londres, où je n’ai pas compris ce que cette fichue serveuse me voulait. Va-t-en, tu m’engraines !
    Elle me proposait du ketchup…

    • lemiroirdenarcisse 29 janvier 2011 à 12:15 #

      Ces petites gens qui nous trainent dans les pattes, c’est agaçant, à la fin… ^^

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