Le complexe de l’étudiante en Lettres qui trouve un travail

18 Nov

Etudiante en Lettres, travail pour littéraire

Etre étudiante en Lettres (sociologie ou histoire d’art, ça marche aussi) et trouver un travail, c’est assez bizarre pour figurer sur un blog. Pas après trois ans de chômage, hein. Pas dans l’Education nationale non plus, parce que ça, « c’est ton destin ». Non, vraiment, avoir un diplôme qui apprend juste à lire des livres et trouver un boulot dans une entreprise privée, c’est vraiment bizarre. Et je ne me vante pas, je constate juste (gardez vos tomates).

Mais attention, je vois déjà une horde de mauvaises langues poster frénétiquement des commentaires comme on en voit sur les

forums de gens qui s’informent sur les démarches à faire pour toucher les Assedic : « Toi au moins t’as un travail! De quoi tu te plains? », « Tu voulais profiter du chômage, hein, espèce de tir-au-flanc! ». Je vous rassure, je n’avais pas l’intention de me tourner les pouces après la fac (je n’ai pas attendu d’en sortir pour ça… ben oui, j’ai fait lettres, pas Polytechnique, ahahah), mais quand même.

Ah, et puis tant que j’y suis, je ne suis pas non plus en train de dénigrer les études littéraires, of course (ah mince, j’aurais peut-être dû étudier l’anglais, j’ai l’air assez douée). Au contraire, je trouve ça très bien (sauf que parfois, les littéraires ne sont pas aussi fantasques qu’il n’y parait… mais c’est une autre histoire, que vous connaitrez bientôt). Mais soyons réalistes, ce n’est pas la filière la plus lucrative au monde. Et ça n’a pas l’air de déranger certains universitaires, qui, très encourageants, nous disent d’entrée de jeu qu' »il ne faut pas s’attendre à trouver un travail tout de suite, hein, prévoyez un ou deux ans de stage ». C’est vrai, j’oublie parfois que les littéraires vivent nus dans une cabane en bois et n’ont pour seule nourriture que l’allégresse du savoir.

D’ailleurs, une fois qu’on l’a ce travail, on se rend bien compte que les littéraires ne sont plus des hippies idéalistes. Ce sont des gens tout à fait normaux, qui savent s’adapter au monde de l’entreprise. Enfin, pas toujours. Car l’étudiant en lettres a une tare, une seule, contre laquelle il lui faudra lutter pour s’intégrer : dans la vraie vie, les gens ne rigolent pas quand on fait une imitation de Baudelaire en train de draguer Montesquieu (un doute m’assaille : ont-ils un jour pu physiquement se rencontrer ?), et non, corriger ses collègues en ponctuant d’un entendu « non, mais c’est pas grave, tu pouvais pas savoir », ça n’attire pas la reconnaissance éternelle.

Publicités

Un avis sur la question ?

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :