Le complexe de la jeune vieille

10 Nov

Complexe jeune vieille, s’habiller plus classe, trouver son style

Une année de plus au compteur, un coup d’œil à ma garde-robe et une vérité qui m’éclate lâchement au visage : mes vêtements fétiches sont les mêmes depuis des années, par conséquent mon look aussi, par conséquent je suis complètement démodée… mais le pire, c’est qu’au bout de cette chaîne il y a moi, habillée comme une ado (pas à la pointe de la mode en plus…les ados des 90’s se reconnaîtront…) à l’aube de mon quart de siècle.
Déjà, vieillir à vue d’œil n’a jamais enchanté personne. Mais devenir une vieille qui veut faire djeun’s (aaah… ça y est, je commence),

non merci.


Armée de ce constat navrant et de mon premier véritable salaire (ça a quand même du bon d’être une vieille croûte), j’entre dans un magasin de chaussures qui n’exposent pas de baskets en vitrine (pas très « femme » d’après ce qu’on m’a dit). Et là, enfer et damnation, face à mes bonnes vieilles bottes à talon inexistant, la vendeuse me tend des souliers vertigineux dans lesquels je vois déjà défiler la vie de mes pauvres petons. « Euh… oui c’est joli, mais j’ai pas trop l’habitude des talons… hiiiiii !! ». Regard dédaigneux de la vendeuse. Je me revois 10 ans plus tôt en train de tenter désespérément  de faire de l’esprit face au beau gosse de la classe qui me prenait de haut (comme quoi je pourrais peut-être garder mon look, je serais raccord avec mes répliques). Heureusement, un événement majeur –et absolument véridique – me sauve la mise et renverse la situation : le pantalon de la vendeuse craque au moment où elle se baisse pour poser la chaussure. Vengeance ! Je pouffe comme une ado, et j’en profite pour me sauver, rapide comme l’éclair grâce à mes bottes hors d’âge…

Pas découragée par cet échec cuisant, je continue sur ma lancée, direction le magasin de vêtements le plus classe et le moins fun de la région – fine stratège, je me dis qu’il y a peu de chances que je trouve un t-shirt funky là-dedans. Et j’ai bien raison. Du noir, du gris, du bleu marine : on se demande bien pourquoi la France consomme autant d’antidépresseurs… Quitte à prendre un coup de vieux, je me dirige vers les robes – noires et au décolleté plus que sage, of course. J’en dégote une pas mal, allez, je la prends en 38, les tailles doivent être adaptées aux femmes mûres.

l'objet du crime

Hop, je l’enfile, et waouh, c’est pas si mal, le noir. Même si je passe directement de la case d’ado à celle de quadra (tant pis, je forcerai moins sur le maquillage et j’exhiberai mes premières rides), je me décide. Bon, allez, il est temps de sortir de là pour aller remuer de la carte bleue. Oups, problème. La robe qui me faisait il y a 10 secondes à peine un corps de rêve se transforme en un étau qui me retient prisonnière. J’essaie de la retirer par le bas, mais ça coince. Par les bras, ça coince aussi, et en plus je viens de me froisser un muscle. Ultime recours : la faire passer par la tête. Encore sereine, je m’empare du bas de la robe pour la remonter à l’envers avant de comprendre, plusieurs années après les faits, pourquoi j’ai toujours été nulle en maths : la géométrie dans l’espace n’est définitivement pas mon fort, et je me retrouve suffocante dans ma cabine, en culotte et chaussettes (claaasse !) et les deux bras en l’air, enfermés dans ma robe retournée. Je tente de reprendre mes esprits, mon regard croise alors la glace dans la cabine… et j’aperçois un homme hilare qui assiste à mon agonie, bien planqué derrière le rideau de ma cabine. La rage me donne un dernier élan vital, j’arrive enfin à me libérer de mon fourreau. Je me drape dans le peu de dignité qu’il me reste (et dans mon vieux jean’s, y a des limites quand même) pour traverser la boutique, complètement hirsute et hors d’haleine.
Faire les magasins de vieux, c’est déjà plus de mon âge.

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4 Réponses to “Le complexe de la jeune vieille”

  1. lili68 11 novembre 2010 à 15:21 #

    entre « femmes » de la même génération je compatis en tout point, prudence pour les chaussures à talons; j’ai acheté l’an dernier une paire de bottes à talons mais il s’avère que la taille des talons est très inconfortable! Moralité encore une paire qui reste rangée dans le meuble…par contre pour les rides nooooon! Il reste plutôt quelque boutons d’ado…je ne sais pas ce qui est mieux 😉

  2. Elodie-joliMugRidicule 11 novembre 2010 à 12:03 #

    Le coup du « je suis toute saucissonnée dans ce vêtement sexy mais infernal dans lequel j’étouffe » peut aussi arriver à la maison, lorsqu’on réessaye une ultime fois une fringue taille S achetée jadis au détour d’un magasin de teenagers : il y aura certainement des nanas qui resteront asphyxiées à tout jamais ainsi et c’est pas joli-joli !

  3. lemiroirdenarcisse 11 novembre 2010 à 11:08 #

    mouais…. on commandera plutot les habits sur internet si tu veux bien, au moins y a pas de vendeuse… 🙂

  4. Sélyne 11 novembre 2010 à 00:45 #

    Ahahaha, un jour on ira faire les magasins ensemble, car moi aussi j’ai pris la résolution fini les baskets et les fringues du lycée. Il serait temps, en vieille croûte qui se respecte.

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